Créer l’émulation sociale au travers de votre stratégie de communication

Ou comment laisser à votre audience le soin de vous propulser
(oui, mais ça demande quand même du travail.)

L’homme est un animal social, disait Aristote.

Ce qu’il voulait signifier par-là, c’est que l’individu humain conserve, dans son comportement, un certain nombre de caractéristiques animales, héritage phylogénétique oblige, nous sommes bien le fruit de l’évolution.

Ces caractéristiques ont cependant évolué au fil des civilisations pour former un agglomérat de normes sociales, constituant la contingence nécessaire et obligatoire pour tout être humain voulant être accepté par ses pairs et évoluer en société.

Alors certes, nous sommes un peu des animaux, mais nous sommes des animaux policés par tout un tas d’implicites sociaux plus ou moins sophistiqués qui font que l’ensemble de notre comportement est par son essence hautement compatible avec la vie en société.

Vous vous demandez certainement où nous voulons en venir.
Nous y venons.

La société humaine est divisée en groupes sociaux : il y ceux auxquels nous appartenons fondamentalement (le genre, l’ethnie, l’âge) et ceux auxquels nous aspirons à appartenir (classe sociale, groupes d’intérêt, archétypes). Cette classification toute humaine et toute sociale s’intrique dans l’essentiel de ce qui définit notre identité, et par extension, notre rapport au monde.

Alors, forcément, nous aspirons à avoir une image positive de nous-même, qui s’essentialise et/ou se caractérise par l’image que nous souhaitons renvoyer de nous-même.

Ce fonctionnement psychosocial de l’individu représente un facteur majeur à prendre en considération dans votre façon de communiquer, car c’est au travers de petites choses très simples et peu coûteuses que se matérialise l’intégralité de cette dimension, qu’il serait fort dommage de négliger.

Concrètement, cela s’articule autour de quelques grandes sphères :
votre image de marque,  vos contenus, et votre cible.

Vous distinguer de la masse grouillante de ceux qui font comme vous

Aujourd’hui, Internet regorge de petites et moyennes entreprises qui se gargarisent de proposer LE produit ou LE service totalement génial et bien pensé.

Votre prospect, dans sa vie quotidienne, est bombardé de messages dont la plupart n’attirent plus son attention : trop de choix, tue le choix.

Ici, l’idée est de créer une image de marque qui vous distingue de votre concurrence, au travers d’un signe distinctif qui suggère l’appartenance à un groupe  d’aspiration.

Il peut s’agir d’une courte phrase, d’un avatar ou d’une valeur propre à ce que vous proposez : l’essentiel est qu’elle vous démarque auprès votre prospect au travers d’un angle particulier qui constitue l’ADN de votre entreprise, qu’elle soit plutôt inattendue pour mobiliser suffisamment d’attention, et surtout, qu’elle suggère l’identification positive pour que votre prospect ait envie de partager à son sujet : c’est à lui que cela sert en premier.

Votre présence en ligne ou vos produits doivent suivre alors une ligne congruente : on s’identifie à quelque chose de beau et d’ergonomique, et on s’illustre avec ce qui nous met en valeur. Il est essentiel de ne pas négliger l’apparence globale de ce que vous proposez.

Également, votre audience aime la transparence. Connaître une marque est intéressant, mais s’immiscer dans le backstage et savoir ce qui se passe derrière le rideau est particulièrement croustillant : cela vous rend intime, accessible, et renforce votre capital confiance.

Enfin, il est important de souligner ce qui, concrètement, vous rend différent de votre concurrence. Votre enseigne doit plus suggérer la révolution dans son domaine plutôt qu’une énième duplication d’un même service ou produit : vos prospects ont déjà, peut-être, une référence en la matière de ce que que vous proposez.

Dans cette optique, votre capital crédibilité et expertise est une valeur à cultiver et à entretenir avec soin : nouer des partenariats ou des collaborations avec des influenceurs de votre domaine fait partie des incontournables de la promotion de votre activité. 

Proposer des contenus chauds et prêts-à-consommer

Un contenu efficient, c’est un contenu qui permet de distinguer le message qu’il porte en un coup d’œil.

À cette fin, il existe quelques petits préalables à respecter tant sur la forme que sur le fond.

Votre contenu doit être court, illustré, et porter un titre suffisamment attractif pour que son récepteur ait le réflexe quasi-inconscient de cliquer dessus.

C’est au premier regard, avant même la lecture, que votre message sera jugé : vous disposez donc de deux secondes d’attention visuelle, à utiliser de façon pleinement stratégique.  Votre contenu doit alors être suffisamment discriminable pour retenir cette attention quelques secondes supplémentaires, le temps du clic.

Publier assez pour être vu et rappelé, mais pas trop au risque de noyer sa visibilité. Veillez à respecter une rythmique suffisamment mesurée dans la publication de vos messages : si un rythme de publication trop rapproché risque d’égarer vos publications dans les limbes algorithmiques des réseaux que vous employez, un rythme trop espacé vous desservira, évidemment, beaucoup plus.

Sur le fond, l’essentiel est que votre contenu soit partageable.

Un contenu partagé est un contenu qui est utile et/ou qui mobilise son lecteur dans ce qu’il croit et ce qu’il est, et/ou qui évoque en lui une émotion particulière.

Il doit donc répondre à un besoin chez votre audience, et à toutes fins pragmatiques,  il est préférable que ce besoin soit en rapport avec ce que vous proposez : vous canaliserez ainsi une audience plus susceptible d’être convertie. Également, il doit répondre à ce besoin de façon pertinente : inutile de présenter le fil à couper le beurre comme la solution ultime du petit-déjeuner.

Vos contenus doivent aussi porter un message mobilisateur. Un message mobilisateur ne parle pas (forcément) de paix dans le monde ou de la protection d’une espèce en voie de disparition : il s’agit ici de répondre au besoin d’identification de votre audience en le touchant dans ses croyances et ses aspirations.

Créer l’exclusivité maintient la tension (et l’attention.) On partage ce qui est rare et exceptionnel, ce qui alimente l’attente. Une offre à caractère limité, un accès privilégié ou encore le teasing de la pré-commande rendent le prospect unique à ses yeux, et il est fort probable qu’il ne garde pas le secret pour lui.

Créer l’événement appelle (aussi) à la mobilisation. Qu’il soit virtuel ou qu’il se déroule dans un lieu physique, spectaculariser votre offre autour d’événements attractifs engage votre audience et vous valorise mutuellement. Là, il s’agit surtout d’être créatif afin de constituer un réel “extraordinaire” qui caractérisera, justement, l’événementiel de votre opération.

L’élément sans doute le plus important à garder en tête lorsqu’on prépare un contenu, c’est qu’on est en train de communiquer. Cela peut sembler trivial, mais si nous reprenons l’étymologie de communiquer, il s’agit d’un partage, d’une mise en commun, d’un rapport interindividuel basé sur l’échange.

À ce propos, on s’adresse alors à des personnes qui ont un rapport sensible au monde : on parle alors d’humains et d’expériences plus qu’on ne parle d’un produit ou d’un service.

Ce qui suscite l’identification chez votre prospect, c’est l’expérience, dans ce qu’elle englobe de sensoriel, de réflexif et de social, que vous lui proposez. 

C’est ici que nous en venons au cœur de ce qui fait vivre votre communication : votre cible.

Petit anthropologue en herbe : ou comment votre cible vous apprend à lui parler

Nous l’avons exposé dans cet article, le point de départ de toute stratégie de communication est la cible.

Ce qui caractérise, en outre, le fonctionnement humain, c’est ce besoin de reconnaissance et d’émulation par ses pairs, dans ses croyances et ses aspirations.  Car au-delà du langage, nous partageons en premier lieu des émotions. 

Une audience large n’est pas forcément une audience active, et une audience active n’est pas forcément une clientèle.

Rendre active son audience, c’est l’appeler à agir : créer un partage d’expérience mobilise votre audience dans le message que vous leur adressez. Vous pouvez ainsi challenger votre cible au travers de l’émulation créative, et même l’engager sur des questions propres à ce que vous lui proposez.

Ces échanges, au-delà de rendre votre audience plus active, alimentent votre visibilité par simple effet de mouvement.

Surtout, ils vous fournissent des informations cruciales à propos de votre cible, et fournissent à votre cible des informations cruciales à propos de votre entreprise : le partage vous rend accessible et disponible dans la représentation de votre prospect.

Le déplacer de son rôle de lecteur/auditeur pour le rendre acteur, c’est le valoriser en tant qu’individu particulier : l’action alimente l’action, et la mise en valeur d’individus suscite l’identification pour le reste de l’audience. C’est ici que se créé l’émulation sociale. 

Enfin 

Communiquer, c’est créer de l’échange. Partager un ressenti. C’est entendre et écouter, et c’est surtout apprendre.

Apprendre de votre cible est en définitive la meilleure façon de provoquer l’émulation sociale : il s’agit d’un parcours itératif où chacun observe et participe à la construction de ce socle commun où l’on se synchronise, pour former un groupe.  

Vous pourrez ainsi délimiter et cultiver des stratégies gagnantes, créer et élargir un éventail d’actions que vous pourrez alterner : la dynamique souple et agile que nous évoquions dans un précédent article.

Chez Solon, c’est ce paradigme de l’apprentissage-action qui est au cœur de notre façon de travailler. 

Nous apprenons de chacun de nos clients, et nous apprenons avec nos clients à apprendre de leurs clients. Et si nous apprenions ensemble ?

 

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